La guerre pour l’imagination

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La guerre pour l’imagination

Notre environnement change à toute allure. Et lentement mais sûrement, de façon presque inaperçue, nous aussi changeons en même temps. L’environnement nous change. Il influence nos faits et gestes, la conception de notre temps, nos mouvements, nos désirs et nos rêves.
Regarde cette ville. C’est un endroit qui se trouve constamment en état de changement. Le pouvoir y érige de nouveaux centres commerciaux et des prisons, y occupe les quartiers avec des milliers de nouvelles caméras et des commissariats supplémentaires, y construit des lofts pour les riches et pousse les pauvres en dehors de la ville, y étend les transports en commun pour que tout le monde puisse toutefois arriver chaque jour à l’heure à sa place dans l’économie.

La paille brûle

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La paille brûle

Il y a cent-quinze ans, le 29 juillet 1900, l’Italie s’est retrouvée soudain sans Roi. Le monarque Umberto I n’avait pas été détrôné par un coup d’Etat ou par une révolution, par un vote du parlement ou par un référendum populaire. Non, il avait été abattu par les coups de revolver tirés par un individu singulier — l’anarchiste Gaetano Bresci — débarqué des Etats-Unis pour venger le massacre effectué deux ans plus tôt à Milan par le général Bava Beccaris contre des émeutes du pain.

La merde aime côtoyer la merde

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La merde aime côtoyer la merde

contre la maxi-prison, ses défenseurs et ses faux critiques

A la mi-mai, on a eu droit à une petite avalanche de merde dans la presse. Les journalistes se sont pressés pour jeter leur lumière sur la lutte contre la maxi-prison. Scandalisés par le fait que cette lutte ne parcourt pas les chemins légaux et préconise l’action directe et l’auto-organisation pour empêcher la construction de ce nouvel enfer carcéral, qu’elle ne s’adresse pas aux institutions et aux politiciens mais fraye son chemin dans les quartiers populaires de Bruxelles (et pas seulement), qu’elle n’a rien à partager avec les journalistes et tout à dialoguer avec d’autres révoltés, ils n’ont pas hésité à la qualifier de « guérilla urbaine » et de l’incontournable « terrorisme ».

Quelques banalités de base

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Quelques banalités de base (d'ici et d'ailleurs)

Quelques anarchistes d'ici et de là

Approfondir des idées afin qu'elles aident à développer ses propres convictions, étudier et évaluer des expériences de lutte afin de trouver des points d'appui pour orienter ses propres combats, échanger et discuter sur des perspectives subversives afin d'affiner ses propres analyses et ses propres choix de lutte : tout cela fait incontestablement partie des chemins proposés par un mouvement anarchiste informel qui se tient loin des programmes pré-établis, qui rejette les mécanismes de la délégation et qui refuse d'être à la remorque de quelques pontifes de la pensée et de la stratégie.

Aux incontrôlables

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Aux incontrôlables

L’ordre doit régner : c’est la devise de tout pouvoir. Et son ordre, on le connaît : ses massacres aux frontières, son exploitation au travail, sa terreur dans les prisons, son génocide dans les guerres, son empoissonnement dans nos poumons, sa dévastation de tout ce qui est beau et libre, son idéologie dans nos cerveaux et son avilissement dans nos cœurs. Et à Bruxelles, le pouvoir est passé à la vitesse supérieure. Que ce soient les magasins pour les eurocrates ou les nouveaux lofts pour riches, les flics qui se multiplient comme des lapins ou les caméras qui sortent du sol comme des champignons, les nouveaux centres commerciaux ou l’aménagement urbain pour renforcer le contrôle, le message est clair : l’ordre doit régner et les pauvres, les exclus, les sans-papiers, les criminels, les révoltés, nous sommes indésirables dans cette ville, nous ne sommes bons qu’à obéir, qu’à courber le dos ou crever.

Les chèvres de Haren

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Bruxelles : les chèvres de Haren

Un irresponsable

Il y a quelques semaines, suite à plusieurs attaques anonymes contre des responsables du projet de maxi-prison que l’Etat belge espère construire à Bruxelles, un blog internet de Haren, où se trouve précisément le terrain choisi, a dénoncé "des éléments incontrôlables [qui] viennent entacher la crédibilité" de la lutte. Le 3 juin dernier, n’hésitant pas à franchir un pas supplémentaire dans sa courageuse croisade pour la paix des cimetières, le même blog tenu par un cadavre local s’est empressé de se distancier de l’action incontrôlée... des chèvres de son village.

La religion du sacrifice

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La religion du sacrifice

Les habitants de la Lune

S'il est une vertu que cette société a posée comme un absolu, c'est bien celle du sacrifice. Matin, midi et soir, il frappe aux portes paré de ses plus beaux atours. Rien ni personne ne lui échappe, Il est le bras droit de Dieu, des temples lui sont érigés, un véritable culte lui est voué, même parmi ceux qui appellent à changer le monde. Expier encore et toujours, se repentir sans relâche et souffrir obstinément, tel est notre lot sur cette terre. Au détail ou en gros, chaque instant de notre vie est débité en tranche de sacrifice supplémentaire. Et si les divinités qui hier soumettaient les hommes et accaparaient leur esprit étaient nombreuses et variées, aujourd'hui, l'Économie est l'Unique, le seul Dieu de toute l'espèce humaine.

Tous en rang ?

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Tous en rang ?

Pendant qu’en Italie les mass-médias se plaignent parce que quelques heures de rage contre des banques, des magasins et des voitures dans quelques rues de Milan auraient «détruit la ville» en ruinant l’inauguration d’une Expo où les responsables de la faim dans le monde —gouvernements et multinationales— se sont donnés rendez-vous pour discuter de comment combattre la faim dans le monde (par un suicide collectif des classes dirigeantes ?), en Belgique les journalistes ont commencé à sonner à leur tour l’alarme. Au début de la semaine, leurs lecteurs ont en effet pu apprendre qu’ «en ce moment, un groupe particulièrement actif sème la terreur à Bruxelles».

Contre la guerre, contre la paix

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Contre la guerre, contre la paix

Elements de lutte insurrectionnelle contre le militarisme et la répression

 
Guerre et paix
 
Les commémorations des événements de 1914-1918 organisées un peu partout en Europe viennent nous rappeler que tout le monde est contre la guerre. De l'homme d'Etat au citoyen, de l'entrepreneur au philosophe, du chercheur à l'ouvrier, tous se déclarent catégoriquement opposés à une répétition de la grande boucherie. Ils sont pour la paix. Et au nom de cette même paix, ils acceptent, avec différents degrés de responsabilité, de collaboration ou d'acceptation, certaines guerres. Pour rétablir la stabilité dans une région en proie à la guerre civile, pour secourir une population menacée de génocide, pour remplacer des régimes cruels : le chemin de la guerre est pavé de bonnes intentions. Au nom de valeurs reconnues par l'entièreté de l'humanité, la « justice » et la « paix », les pires massacres sont commis. 

Pour en finir avec le Prisonnier Politique

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Pour en finir avec le Prisonnier Politique

Cela fait quelques années que l’on voit réapparaître le terme de « prisonnier politique ». Un terme que l’on croyait disparu depuis plusieurs décennies, du moins dans les sphères antiautoritaires.
 

L’Etat s’appuie toujours quand il peut sur des complices locaux

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L’Etat s’appuie toujours quand il peut sur des complices locaux

Adresse aux zadistes

Laura Blanchard et Emilie Sievert

Tout d’abord, pour lever toute ambigüité, nous sommes solidaires avec les luttes avec occupation menées contre différents projets industriels et capitalistes qui, plus qu’aménager le territoire, contribuent à aménager nos vies. Nous sommes non seulement solidaires, mais nous y contribuons activement même si nous ne nous définissons pas comme zadistes. Toutefois, nous ne nous retrouvons pas toujours avec ce qui y est porté. C’est assez logique, étant donné la diversité des gens qui luttent. Nous passerons aujourd’hui sur la question de la composition et de la manière de composer, sur laquelle nous reviendrons peut-être plus tard. Nous avons décidé de rédiger cette première adresse dont le but n’est pas de donner des leçons que nous serions bien peu légitimes à tenir, mais de partager nos remarques, nos doutes et nos inquiétudes.

ping-pong, ping-pong, ping-pong... vlam

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ping-pong, ping-pong, ping-pong... vlam

C’est inutile. Malgré tous ses efforts, le côté raisonnable de tous ne sera jamais à l’abri des excès de quelques-uns. La multitude pourra aussi bien railler et mettre au ban l’individu, sa tranquillité sera toujours mise en danger par la rage de quelqu’un. La politique a besoin des masses, et exècre donc la solitude, à l’inverse de l’éthique, qui se suffit à elle-même.

Un de moins

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Un de moins

Il y a une semaine, un détenu roumain s’est pendu à la prison d’Opera (Milan). Il s’appelait Ioan Gabriel Barbuta. La nouvelle de sa mort serait passée inaperçue (au fond c’était un étranger, au fond c’était un condamné à perpétuité, au fond...) s’il n’y avait pas eu l’émoi suscité par les commentaires virtuels exquis de beaucoup de surveillants envoyés à un syndicat de la police pénitentiaire : « un de moins... excellent... espérons qu’il a souffert... plus de cordes et de savon... à déduire du décompte... hourra... trinquons pour lui... ».

De l'air !

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De l'air !

Autour de la lutte contre la construction d’une maxi-prison à Bruxelles

Voici un dossier sur la lutte contre la construction d’une maxi-prison à Bruxelles, lutte qui a commencé à la fin de l’année 2012 et qui est toujours en cours.
Une lutte spécifique, contre une structure concrète de la domination. Si l’on ne veut pas se limiter à intervenir ici et là, essayant de repousser les mille horreurs que cette société nous impose quotidiennement, on peut toujours prendre en considération la possibilité de choisir un de ses projets les plus significatifs et entamer une lutte autonome contre celui-ci.

Au pays des démocraties

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Au pays des démocraties

« La question –dit Alice– est de savoir si vous avez le pouvoir 
de donner tant de significations différentes aux mots. 
La question –dit Humpty Dumpty– est de savoir 
qui commande, voilà tout. » 
 
 
Alice, idéaliste un peu ingénue, est en train de se demander ces jours-ci s’il est possible que le mot «terroriste» ait un autre sens, dictionnaire historico-éthique en main. Humpty Dumpty, matérialiste un peu mal dégrossi, lui répond que vu que c’est l’Etat qui commande, et vu que le langage appartient à celui qui commande, alors «terrorisme» signifie ce que veut l’Etat. Voilà tout. 
Dans les années 70, l’Etat accordait l’appellatif de «terroriste» à quiconque lui contestait le monopole de l’utilisation de la violence, c’est-à-dire employait des armes à feu ou des explosifs, surtout contre les participants d’organisations combattantes particulières, surtout si ces organisations étaient l’expression d’un plus vaste mouvement de contestation, surtout si cette contestation visait à déclencher une révolution. Pour l’Etat, c’étaient surtout ceux qui l’attaquaient les armes à la main qui étaient des «terroristes». 

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