Quelle solidarité ?

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Quelle solidarité ?

« D’abord ils sont venus prendre les... »
 
Vous connaissez les célèbres vers de la poésie habituellement attribuée au dramaturge Bertolt Brecht, mais dont l’auteur original est le moins connu pasteur luthérien Martin Niemöller ? Ces vers simples et immédiats constituent à la fois une critique de l’indifférence face au mal, lourde de conséquences graves, et une observation de sa nature. Ils nous font pressentir à la fois la cause et l’effet de l’indifférence. Nous sommes sans réaction face au mal quand et parce qu’il frappe les autres, loin de nous. Voilà pourquoi nous n’intervenons pas, autant pour ne pas entrer en contact avec le mal lui-même, que parce que la chose ne nous concerne pas fondamentalement. Cette indifférence, cependant, permet au mal de grandir, de se renforcer, de se propager, augmentant ainsi la probabilité que nous en soyons à notre tour victimes. C’est pour cela que notre manque d’intérêt, qui à court terme nous mettra peut-être à l’abri, se révèlera à long terme inutile, voire mortel. Parce que le mal ne s’arrête pas tout seul.

Sans loi ni travail

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Sans loi ni travail

L’occasion ne fait pas seulement le larron, mais aussi l’émeutier. Donnez une chance à l’être humain de sortir d’une normalité quotidienne faite de réveille-matins, de files d’attente, de devoirs à faire, de commérages de bureau ou de bar, d’écrans sur lesquels s’user les yeux, de canapés dans lesquels s’affaisser le soir... ou donnez-lui une occasion de transgresser, d’en finir avec une vie terne passée entre obéissance et attente de la retraite ou de la mort, et soyez certains qu’il la saisira. Il suffit justement que l’occasion se présente, à savoir le moment propice, le fait qui permet ou favorise son apparition. L’occasion est quelque chose d’éphémère, qui apparaît souvent de manière complètement triviale, qui peut aussi paraître stupide, mais qui n’a en tout cas rien à voir avec une décision raisonnable et bien pesée.

Encore un effort

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Encore un effort

Reculer pour mieux avancer par la suite… C’est la stratégie que le pouvoir semble appliquer pour l’instant : il a instauré une pause dans sa course vers la construction de la maxi-prison. En attendant des temps plus résignés pour imposer la plus grande prison de l’histoire belge. L’un après l’autre, les politiciens responsables du projet se sont mis à se distancier de leur propre projet, l’un par des déclarations dans la presse, l’autre par le non-octroi d’un quelconque permis. On émet maintenant même des doutes sur la légalité de l’engagement entre l’État et les entreprises qui sont supposées construire la maxi-prison. Mais en ces temps de répression contre tout ce qui remet en cause l’ordre, la construction de la maxi-prison ne tardera pas à revenir sur la scène.

Porter la guerre à la campagne ?

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Porter la guerre à la campagne ?

Non, ça n’a pas été un barbecue qui a mal tourné, c’est bien un incendie volontaire qui a détruit une villa dans la campagne de Brindisi la nuit du 4 au 5 avril. Quelqu’un a brisé les carreaux d’une fenêtre, est entré à l’intérieur, a volé 4 radiateurs et, avant de repartir, a mis le feu à des matelas. Les flammes se sont vite attaquées au reste de l’habitation. On ne sait pas qui a pu faire cela. Un petit-voleur irrité par le maigre butin ? Peut-être. Quelque jeune chenapan ? Peut-être.

Face à leurs massacres...

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Face à leurs massacres...

... ils voudraient en plus que nous restions confinés chez nous, à attendre. Mais attendre quoi, au juste ?
Qu’ils déploient des militaires et des flics à chaque coin de rue, à surveiller aussi nos moindres faits et gestes ?
Qu’en haut, ils retravaillent leurs lois et leurs règlements pour n’avoir plus aucune limite dans le flicage de nos vies ?

 

Flics, militaires, politiciens, ils ne sont pas la solution, mais le problème.

A propos du procès contre des anarchistes et anti-autoritaires en Belgique

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A propos du procès antiterroriste à venir contre des anarchistes et anti-autoritaires en Belgique

Fin 2008, en pleine période d'hostilités diffuses déclenchées par la révolte en Grèce suite à l'assassinat d'Alexis par la police, le Parquet Fédéral belge lance une enquête visant des anarchistes et des anti-autoritaires. En 2010, sur base d'une liste d'actions que la police attribue à la « mouvance anarchiste » et alors que la lutte contre la construction d'un nouveau centre fermé à Steenokkerzeel se fraye un chemin, la juge d'instruction Isabelle Panou est affectée à l'enquête qui relève désormais de l'antiterrorisme.

Le carnage et son monde

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Le carnage et son monde

 
La langue est un révélateur. Il arrive que l’on veuille dissimuler la vérité derrière un flot de paroles. Mais la langue ne ment pas. Il arrive que l’on veuille dire la vérité. Mais la langue est plus vraie que celui qui la parle. Contre la vérité de la langue, il n’y a pas de remède… Les philologues et les poètes reconnaissent la nature de la langue. Mais ils ne peuvent empêcher la langue de dire la vérité.
Victor Klemperer
 
Il a souvent été dit que la première victime des guerres, c’est le sens des mots. Dans un moment de guerre, toute parole devient propagande, derrière tout mot se cache un appel bien précis et un effet recherché, toute réflexion vise à l’élimination du sens critique de l’homme.

A quelques mètres près…

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A quelques mètres près…

Dans la nuit du 16 mars 2016, une voiture-bélier a défonce les portes d’entrée de l’Institut de Pathologie et de Génétique à Gosselies. Ensuite, les auteur(s) ont bouté le feu au véhicule à l’intérieur de l’atrium, la partie centrale du bâtiment. Le hall semble bien ravagé par le feu et la fumée épaisse s’est répandu à tous les étages du bâtiment.
 

Tout autour de toi

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Tout autour de toi

Une énorme machine s’est mise en route les 20 et 21 février à Lecce (Pouilles), à l’occasion du BTM Puglia (Business Tourism Management) pour discuter sur « Comment offrir un accueil mémorable aux entreprises du tourisme » ; c’est comme cela qu’on entend transformer le Salento et les Pouilles : un parc d’attraction ouvert toute l’année, mais seulement à ceux qui peuvent se le permettre. A des personnes en provenance de partout dans le monde et liées par une caractéristique fondamentale : avoir un portefeuille suffisamment bien rempli.

Sarcogyps

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Sarcogyps

« Le coup d’Etat de Juin, ce vampire anonyme,
En vous, tribuns, en vous, bourgeois, s’est incarné,
Et Décembre n’en est que l’enfant légitime.
Ex-bravi de l’autorité,
Frappez-vous la poitrine, et, devant cette bière,
Qu‘amendant le passé, le présent vous éclaire.
Il n’est qu’un talisman pour tous : la liberté ! »
Joseph Déjacque
 
C’est le 24 juin 1852 que l’anarchiste Joseph Déjacque prononça ces mots. La triste occasion lui en fut donnée par l’enterrement de Goujon, compagnon de lutte et d’exil, mort quelques jours plutôt à Londres. Ses funérailles furent suivies par tous les proscrits français présents dans la capitale anglaise, parmi lesquels se détachaient les ex-chefs de la révolution de 1848.

De l’incompatibilité

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De l’incompatibilité

S’il est sans doute souvent plus confortable de se taire, certaines silences peuvent aussi devenir insupportables. C’est pour cela que malgré tout, nous avons préféré de prendre la parole.
Comme vous, nous avons vu qu’il y a trois initiatives dans trois différentes villes italiennes où quelques compagnons de Bruxelles viendront parler sur la lutte contre la maxi-prison. S’il s’agit d’une lutte spécifique dans un espace déterminé, il est vrai que la question peut possiblement concerner tous les anarchistes et d’autres révoltés, aussi au-délà des frontières étatiques. Depuis le début de cette lutte, il y a eu en effet des anarchistes d’un peu partout qui s’y sont intéressés, qui l’ont défendu, qui y ont participé de différentes manières. Cela n’est pas juste une petite chose en plus, cette dimension internationaliste s’est vraiment enracinée dans la projectualité même de cette lutte. Et au-délà du fait si le conflit se déroule autour de la construction d’une maxi-prison, d’un aéroport, d’une mine d’or ou si c’est une révolte qui vient enflammer les rues des métropoles ou les sentiers des campagnes, c’est la question de la projectualité insurrectionelle qui pourrait être au coeur des échanges entre compagnons, et cela à un niveau international.
Pour autant que cela nous réjouit que des compagnons d’ailleurs organisent des initiatives pour discuter sur cette lutte, que des compagnons impliqués dans la lutte prennent le temps pour voyager et porter le débat bien loin de la capitale belge, il y a quelque chose d’amer qui nous est resté dans la gorge. Et on écrit cette lettre pour en parler.

Acte de révolte, bien privé ?

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Acte de révolte, bien privé ?

Certes, jusqu’au dernier millénaire, les choses étaient plus simples. Face à un acte de révolte, les uns condamnaient et prenaient publiquement leurs distances, les autres mettaient la tête dans le sable et faisaient mine de rien, et les derniers le défendaient ouvertement. On ne parle pas ici des revendications diffusées par les auteurs de ces actes. On parle de tous ceux qui exprimaient publiquement leur propre approbation, leur propre appui, leur propre solidarité avec ces actions. Prendre la défense de la révolte, lui donner toute les raisons, en exprimer toutes les passions ne devrait-il pas tenir à cœur de tout subversif ? Et prendre cette liberté de pensée et de parole ne devrait-il pas être le minimum à faire ?

A petits pas

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A petits pas

Il était une fois, il y a longtemps, la liberté de penser. Bien que souvent absente dans les faits, elle était présente un peu partout dans les mots, les théories, les discours. Il suffisait de l’évoquer pour déclencher l’approbation qui accompagne depuis toujours les lieux communs, et il était en effet très facile de tomber sur quelque homme de pouvoir prêt à assurer que chacun est libre de croire et de penser ce qu’il veut.
 

Quel pain mangeons-nous ?

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Quel pain mangeons-nous ?

On sait bien que c’est un intermède terminologique bête et inutile, mais bon. Plus le temps passe, et plus on est forcé de s’interroger sur le sens d’un petit mot de huit lettres dont on fait un usage désinvolte, surtout ici en Italie : compagnon. Il semble qu’il provienne du latin médiéval « companio », composé de la préposition « cum » et du substantif « panis ». Un compagnon est celui qui mange le même pain, presque un convive intime ou en tout cas celui qui participe au même repas.

Il s’agit d’un terme devenu gênant, sinon suspect, depuis un certain temps, au moins dans les milieux subversifs. Depuis que s’est diffusée la manie des bouffes populaires, où on peut trouver quasi n’importe qui autour de la même tablée, ce mot a pris un visage indubitablement nauséabond.

Détruire l’Etat

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Détruire l’Etat

Ariel Fatiman

Quatre ans après le déclenchement des insurrections de 2011, la critique de l’Etat reste le fer de lance des offensives armées des insurgés libyens, syriens et yéménites. Les opérations militaires occidentales en sont la preuve la plus flagrante. Cette répression appuyée par des « libéraux », « démocrates » et autres « laïcistes » témoigne aussi de la longue agonie des démocraties occidentales. Il est temps qu’à la critique des armes des insurgés répondent comme un hommage et un encouragement les armes de la critique.

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