Avis aux passagers

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Avis aux passagers

Nous le sommes tous. Nous traversons cette existence sur la terre conscients d’être de passage. Surtout parce qu’on ne tient pas dans les mains le volant qui conduit le voyage de notre vie. Nous n’en contrôlons ni la vitesse, ni la direction, ni la destination. Nous vivons cette expérience, la seule à notre disposition, en se contentant, au mieux, de regarder par la fenêtre. Comme des passagers, justement. En sachant bien que rien ne dure éternellement, que, tôt ou tard, on arrive au terminus et on descend.

Aux résignés

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Aux résignés

Je hais les résignés, comme je hais les malpropres, comme je hais les fainéants.

Je hais la résignation ! Je hais lamalpropreté, je hais l’inaction.

Je hais le malade courbé sous quelque fièvre maligne ; je hais le malade imaginaire qu’un peu de volonté remettrait droit.

Je plains l’homme enchaîné, entouré de gardiens, écrasé du poids du fer et du nombre.

Je hais les soldats que courbe le poids d’un galon ou de trois étoiles ; les travailleurs que courbe le poids du capital.

Il n'y a pas de désastres naturels

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Il n'y a pas de désastres naturels

Des milliers et des milliers de morts et de disparus, des millions de gens qui ont presque tout perdu. Au moins pour l’instant. Des villes entières rasées. C’est comme si le Japon n’avait pas été frappé par un tremblement de terre, mais par des bombes atomiques. Comme si les maisons n’avaient pas été ravagées par un tsunami, mais par une guerre. Et en effet, c’est le cas. Mais les ennemis qui frappent aussi durement ne sont pas la terre ou la mer ; il ne s’agit pas d’instruments de vengeance d’une nature que nous nous sommes habitués à considérer comme hostile. L’ennemi, c’est nous.

La conquête de la liberté. La Libye...

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La conquête de la liberté. La Libye : guerre ou insurrection ?

Les nouvelles de la situation libyenne qui nous parviennent par la presse régulière, ne nous racontent que l’histoire de la guerre. C’est une histoire qui nous fait frémir : des bombardements, des morts, des bombes cluster, des blessés et des réfugiés. Est-ce que l’insurrection en Libye est devenue une longe histoire d’horreurs ? Est-ce qu’il ne reste plus rien que la guerre, maintenant que l’affaire se corse ?

L'Honnête Ouvrier

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L'Honnête Ouvrier

Zo d'Axa

Nous manquerions à notre plaisir, si, après avoir salué, comme il convenait, la magistrature et l'armée, nous ne nous empressions de nous incliner devant le Peuple, avec tout le respect disponible.

Au milieu des ruines et des hontes que le classes dirigeantes accumulent, il fait bon, pour chasser le dégoût, de regarder les classes laborieuses.

C’est l’avachissement indécrassable de la masse des exploités qui crée l’ambition croissante et logique des exploiteurs.

Que faire de l’anti-fascisme ?

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Que faire de l’anti-fascisme ?

Alfredo M. Bonanno

Le fascisme est un mot à sept lettres qui commence par F. Les gens aiment jouer avec les mots, qui en dissimulant en partie la réalité, les déchargent de toute réflexion personnelle ou de toute prise de décision. Le symbole agit à notre place en nous fournissant un drapeau et un alibi.
Et placer « anti- » devant le symbole n’équivaut pas à être absolument contre tout ce qui nous dégoûte. Nous nous sentons à l’aise de ce côté-ci, avec le sentiment du devoir accompli. Avoir recours à ce « anti- » nous donne une conscience claire, nous enfermant dans un domaine bien gardé, et très fréquenté.

Guerre, catastrophe, démocratie, prison...

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Guerre, catastrophe, démocratie, prison - nous voulons la révolution

Dans un temps où les mots semblent perdre leur sens, où le langage du pouvoir cherche à pénétrer dans toutes nos conversations, nous pensons d’autant plus indispensable de nous efforcer de parler clairement. Arrêtons de répéter comme des perroquets ce que les journaux nous disent, ce que les télévisions nous montrent, ce que les puissants veulent nous faire croire. La question n’est pas de vouloir à tout prix être d’accord, ni de convertir qui que ce soit, mais d’au moins parler avec notre bouche, avec nos mots, avec nos douleurs et nos espoirs.

 

La guerre ou... la révolution

Le début des bombardements effectués par l’OTAN contre les forces loyales à Kadhafi en Libye a marqué un passage fatal. Ce qui sans aucun doute était au début un soulèvement armé d’une importante partie de la population contre le régime en place, est petit-à-petit en train de se transformer en une guerre militaire. A part des poignées de résistances auto-organisées, ce que les autorités de tout bord appellent des « irréguliers », le soulèvement en Libye semble avoir dégénéré en conflit entre armées opposées. Et ce n’est alors pas pour rien que les « irréguliers » là-bas ont toujours été très méfiants vis-à-vis « l’opposition officielle » qui a copié les hiérarchies, les grades, les structures de commandement de l’armée de Kadhafi. De fait, la militarisation du conflit a enterré la possibilité d’un bouleversement radical de la société libyenne.

Ce n’est pas fini, au contraire !

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Ce n’est pas fini, au contraire !

Le vent de la révolte continue de souffler fort dans le monde arabe et ailleurs

Les soulèvements en Tunisie et en Egypte semblent inspirer les révoltés dans beaucoup d’autres pays. De l’Algérie au Bahreïn, de l’Iran à la Libye, du Yémen à la Syrie, de nombreuses personnes descendent dans la rue, déclenchent des grèves sur les lieux de travail, s’affrontent avec les forces de l’ordre, passent au saccage ou à l’incendie de bâtiments des pouvoirs étatique et économique. C’est un vent de révolte qui souffle à travers ces pays, c’est un vent qui donne du courage, un vent qui porte le message qu’aucun régime, aussi autoritaire soit-il, n’est inattaquable. Qu’aucune misère, aucune oppression n’est jamais à l’abri d’une tempête sociale dévastatrice.

De Sidi Bouzid à Bab-el-Oued

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De Sidi Bouzid à Bab-el-Oued

Contre le règne de l’État, du pouvoir et du fric

Depuis le début de l’année, au Maghreb, la misère gagne du terrain. Le prix des denrées alimentaires de première nécessité flambe, il y a de moins en moins de travail, réduisant encore plus le pitoyable spectre des moyens de survie de tout un chacun. On nous ressort le bon vieux coup de « la crise », nous faisant croire que misère et révolte sont des phénomènes nouveaux qu’elle seule produit, alors qu’ils sont aussi vieux que l’argent et l’autorité. Il a suffit de quelques étincelles en Tunisie pour mettre le feu aux poudres d’une situation déjà explosive, jusqu’en Algérie.

Flics attaqués, bâtiments administratifs, lycées, douanes, entrepôts de marchandises, commissariats, concessionnaires automobiles, banques et commerces pris pour cible, barrages de route coordonnés. Contrairement à ce que le pouvoir et les journaflics racontent, ces émeutes ne se limitent pas à quelques catégories imaginaires (« jeunes », « diplômés », « chômeurs », « extrémistes ») mais s’expriment de façon diffuse, et leurs cibles sont claires.

Émeute à Berlin

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1953: Émeute à Berlin

Les journées de Berlin-Est racontées par des anarchistes qui y prirent part

Pour comprendre les événements de juin, il faut savoir ce que c’est que la vie normale en zone russe. La disette est permanente. Alors qu’à Berlin-Ouest on vit sans cartes et que les magasins regorgent de provisions, Berlin-Est, bien que relié à la partie la plus agricole de l’Allemagne, a toujours des cartes spéciales pour les enfants, les non-travailleurs, les travailleurs légers, les travailleurs de force, les intellectuels n° 1, les intellectuels n° 2, etc... Pour les militants des cadres du Parti, il y a des attributions spéciales ; pour l’homme ordinaire, non seulement les rations sont maigres, mais le plus souvent on ne peut les toucher, parce qu’il n’y a plus rien à acheter. Où donc passent les vivres ?

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