Entends-tu ?

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Entends-tu ?

Il n’existe pas d’échappatoire à la réalité. Cette réalité totale qui se prétend définitive, et qui tente d’empêcher tout écart et toute déviation du sens unique imposé par le pouvoir politique et économique. Cette réalité qui ramène toute perspective aux tristes paraboles de l’augmentation des budgets ou des sondages d’opinion. Cette réalité qui a infesté chaque recoin de la vie avec des checkpoints et des caméras de vidéosurveillance, des sirènes d’alarme et des limites de sécurité. Mais ce monde misérable dont on ne peut s’évader est en train de se décomposer sous nos yeux. Et quand l’air se remplit de tensions, il suffit d’une petite étincelle pour provoquer une explosion.

Avec les pieds...

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Avec les pieds bien appuyés sur les nuages

Lorsque souffle la tempête, certains vont de l’avant avec courage et passion, soutenus par la force de leurs propre idées. Devant eux s’annonce un monde sans exploités ni exploiteurs, sans cages physiques ni morales, et cette liberté, ils ne la souhaitent pas seulement pour eux, mais aussi pour tous ceux qui, les yeux ouverts et avec les pieds bien sur terre, se rendent compte de l’esclavage quotidien qui les enserre. Ce sont les anarchistes, souvent dénigrés et emprisonnés ; ils désirent ici et maintenant l’utopie d’une vie digne d’être vécue.

Kick It Till It Breaks

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Kick It Till It Breaks

Une introduction à "Angry Brigade"

Ravage Èditions

Dans la nuit du 12 janvier 1971, la couverture du Times est explicite : « Deux bombes ravagent la maison de Carr un jour de protestation ». Robert Carr était à l’époque le ministre de l’emploi du gouvernement Heath, conservateur, fraîchement élu. Il était responsable du projet de loi sur les Relations Industrielles, adopté un peu plus tôt dans la journée, et provoquant de nombreuses manifestations ouvrières. Cette attaque directe sera revendiquée par un groupe nommé « Angry Brigade » dans un contexte de tension sociale généralisée tel que l’Angleterre n’en a plus connu depuis ; au moment où dans toute l’Europe et sur tous les continents, de nombreux groupes s’organisent pour attaquer physiquement les structures du capitalisme et un certain ordre moral que les années 68 n’auront pas réussi à mettre en pièce. D

Le trou de la serrure

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Le trou de la serrure

Une vie passée devant le trou de la serrure n’est-elle pas bien misérable ? Une vie à lorgner ce que les autres font, à écouter en cachette ce que les autres disent. Une vie de voyeurs, qui s’évertuent à arracher des morceaux d’autres existences, de personnes qu’ils ne sont même pas en mesure de connaître dans leur complexité, mais dont ils violent l’intimité sans aucun scrupule. Il y a ceux qui le font derrière un buisson, ceux qui le font avec l’aide d’un micro caché, ceux qui le font planqués derrière un écran. Et il n’est pas dit que les premiers soient les pires.

La stura

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La stura

Dare la stura signifie « déboucher, enlever le bouchon et laisser le liquide s’écouler. Au sens figuré cela signifie donner libre cours aux mots, aux cris, aux injures… ». C’est l’impression qu’on a à la lecture de nombreux communiqués de condamnation et de prise de distance avec les attaques, advenues dans les dernières semaines, contre des hommes et des structures de la domination. L’impression qu’un bouchon a sauté. Comme si jusque là le refus de se différencier aux yeux de la répression, le mépris envers ceux qui veulent se faire passer pour « les bons garçons », peut-être un peu ébouriffés mais finalement bien braves, n’était pas du tout une manifestation spontanée et naturelle de son être, de son individualité, de ses choix de vie, mais uniquement une contrainte idéologique à laquelle on se sentait obligés de se plier. Une sorte de précepte abstrait, de chantage moral à supporter, souvent en serrant les dents, avec une patience mal dissimulée. Et, comme on le sait, même la patience a une limite.

Protestation devant les libertaires

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Protestation devant les libertaires du présent et du futur sur les capitulations de 1937

Un « Incontrôlé » de la Colonne de Fer (mars 1937)
 
Je suis l’un de ceux qui ont été délivrés de San Miguel de los Reyes, sinistre bagne qu’éleva la monarchie pour enterrer vivants les hommes qui, parce qu’ils n’étaient pas des lâches, ne se sont jamais soumis aux lois infâmes que dictèrent les puissants contre les opprimés. Ils m’ont emmené là-bas, comme tant d’autres, pour avoir lavé une offense, pour m’être rebellé contre les humiliations dont un village entier était victime : autrement dit, pour avoir tué un « cacique ».

La Joie Armée

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La Joie Armée

Alfredo M. Bonanno

Mettons de côté les attentes, les hésitations, les rêves de paix sociale, les petits compromis, les naïvetés. Tout le bric-à-brac métaphorique qui nous est proposé dans les magasins du capital. Mettons de côté les grandes analyses qui expliquent tout, jusqu’au plus petit détail. Les gros livres pleins de bon sens et de peur. Mettons de côté l’illusion démocratique et bourgeoise de la discussion et du dialogue, du débat et de l’assemblée, des capacités éclairées des chefs. Mettons de côté le bon sens et la sagesse que la morale bourgeoise du travail a enfoui dans nos propres cœurs. Mettons de côté les siècles de christianisme qui nous ont enseigné le sacrifice et l’obéissance. Mettons de côté les prêtres de tous ordres, les patrons, les leaders révolutionnaires, ceux moins révolutionnaires et ceux pas révolutionnaires du tout. Mettons de côté le nombre, les illusions du quantitatif, les lois du marché, l’offre et la demande.

Declaration au proces

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Declaration au proces

François Claudius Kœnigstein, dit Ravachol

Si je prends la parole, ce n’est pas pour me défendre des actes dont on m’accuse, car seule la société, qui par son organisation met les hommes en lutte continuelle les uns contre les autres, est responsable. En effet, ne voit-on pas aujourd’hui dans toutes les classes et dans toutes les fonctions des personnes qui désirent, je ne dirai pas la mort, parce que cela sonne mal à l’oreille, mais le malheur de leurs semblables, si cela peut leur procurer des avantages

Quarante

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Quarante

Il y a quarante ans, le 17 mai 1972, le commissaire Luigi Calabresi était tué devant son domicile à Milan. Le principal responsable de la mort de Giuseppe Pinelli, l’anarchiste défenestré du commissariat de Milan quelques jours après le massacre de piazza Fontana, terminera ses jours sur le trottoir de la rue Cherubini, vers 9h15 du matin. Ce n’est pas un infarctus ni un accident, mais deux projectiles qui l’ont contraint à dire adieu à sa carrière, à sa retraite et à la vieillesse. Le commissaire Fenêtre survivra en effet moins de trois années à sa victime. 


Pauvres

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Pauvres

Très souvent, on a tendance à ne prêter attention qu’à ce qui est matériel, mesurable en quantité. Ainsi, on serait amené à considérer la misère qui règne dans cette société uniquement sous un angle de pauvreté matérielle, autrement dit, le manque de fric. Mais le capitalisme ne nous enlève pas uniquement les moyens matériels pour vivre comme bon nous semble. Il ne nous oblige pas uniquement à aller travailler ou à s’agenouiller devant les institutions de bienfaisance sociale.

Aux aspirants suicidaires...

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Aux aspirants suicidaires...

On parle beaucoup de suicide en ce moment, c’est que les temps sont durs... La restructuration du capitalisme, les licenciements de masse, délocalisations, hausse des prix des produits de consommation courante, services sociaux de plus en plus excluant etc.. On pourrait croire que le capitalisme chute, mais il ne fait que s’assumer encore un peu plus à travers la vague des suicides d’employés de France Telecom, Peugeot, Renault, l’augmentation des maladies du travail, de la consommation d’anti-depresseurs et de psychotropes pour faire passer la pilule de l’exploitation.

Terreur et union nationale

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Terreur et union nationale

C’est tous les jours que ce monde produit de l’horreur. Dans les guerres que se mènent les États entre eux, ou contre des groupes qui, s’ils ne sont pas à proprement parler des États, ne rêvent que de pouvoir et de domination sociale et politique. A coups de bombes et autres armes frappant plus largement que les seuls adversaires soi-disant visés, c’est-à-dire frappant des centaines et des milliers d’individus qui ne demandaient pas à prendre part à ces guerres, en tout cas qui ne souhaitaient pas en crever.

Tout commence aujourd'hui

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Tout commence aujourd'hui

La Grèce sur le pied d’insurrection

En Grèce, le spectre de la révolte de décembre 2008, qui avait fortement secoué le pays suite au meurtre d’Alexis par les flics, hantait les esprits depuis des mois. En effet, face à l’appauvrissement sans précédent de la Grèce, à l’impossibilité d’arriver à une quelconque « amélioration » de la situation économique et sociale, face au tour de vis exercé sur toute une population au nom du maintien du système et du pouvoir, nombreux étaient ceux qui préconisaient le retour de ce spectre-là, d’une vaste révolte sans compromis ni médiation contre l’Etat et le capitalisme.

Les Enragés dans la Révolution française

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Les Enragés dans la Révolution française

Claude Guillon

L’action des Enragés est assez tôt l’objet de l’étude et des polémiques des historiens socialistes. La question de savoir s’ils préfigurent ou non le socialisme et le communisme modernes est tranchée selon les sympathies des auteurs. « Ni Jacques Roux ni Varlet n’étaient personnellement sur le chemin du communisme, affirme Jaurès : ils n’avaient pas l’ampleur d’esprit d’un Babeuf. Et d’ajouter : si leur doctrine prépara le communisme, ce fut par sa contradiction et par son impuissance [2]. » À quoi Kropotkine répond qu’ « En 1793, les idées communistes ne s’élaboraient pas dans le cabinet d’études ; elles surgissaient des besoins du moment. [...] Ce communisme nous paraît sans doute fragmentaire, d’autant plus que différentes personnes appuyaient, chacune, sur ses différents aspects [3] »

Le Travail libère-t-il ?

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Le Travail libère-t-il ?

Le travail pénètre et détermine toute notre existence. Le temps coule impitoyablement à son rythme alors que nous faisons la navette entre d’identiques environnements déprimants à une allure toujours croissante. Le temps de travail… Le temps productif… Le temps libre… La moindre de nos activités tombe dans son contexte : on considère l’acquisition de la connaissance comme un investissement pour une carrière future, la joie est transformée en divertissement et se vautre dans une orgie de consommation, notre créativité est écrasée dans les limites étroites de la productivité, nos relations -même nos rencontres érotiques- parlent la langue de la performance et de la rentabilité… Notre perversion a atteint un tel point que nous recherchons n’importe quelle forme de travail, même volontairement, pour remplir notre vide existentiel, pour « faire quelque chose ».

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